Accélérer le progrès des femmes au sein des conseils d’administration

Accélérer le progrès des femmes au sein des conseils d’administration

Le débat sur la présence des femmes au sein des conseils d’administration ainsi que les postes de la haute direction au Canada a amorcé un nouveau virage au cours de la dernière année avec la mise en vigueur de nouveaux règlements sur les valeurs mobilières dans dix juridictions incluant l’Ontario et le Québec. Ces règlements basés sur l’approche « se conformer ou s’expliquer » exigent de la part des émetteurs inscrits à la TSX la divulgation annuelle d’un certain nombre d’informations dont : le nombre de femmes siégeant au CA de l’émetteur, les politiques relatives à la nomination d’administrateurs, les cibles quant au nombre de femmes au CA et au sein de la haute direction, etc.

Un examen de l’impact de ces amendements réglementaires démontre certains signes de changements mais des progrès importants restent à faire. Les résultats ont entre autres révélé que parmi l’échantillon des émetteurs :

  • 49% comptaient au moins une femme à leur conseil
  • 60% comptaient au moins une femme au sein de leur haute direction
  • 7% avaient établi des cibles quant au nombre de femmes administratrices au sein de leur conseil
  • 2% avaient établi des cibles quant au nombre de femmes occupant des postes au sein de la haute direction

Le Canada continue d’accuser un retard sur cette question derrière d’autres pays développés avec  seulement 20% de femmes sur les conseils d’administration (Indice S&P/TSX). De plus, les femmes canadiennes continuent d’être sous-représentées au sein des conseils d’administration et de la haute direction des entreprises alors qu’un plus grand nombre de femmes que d’hommes obtiennent des diplômés des universités et collèges canadiens.

La recherche démontre aussi que les femmes font face à des défis au cours de leur carrière auxquelles les hommes ne sont pas confrontés. On parle notamment des stéréotypes sexuels, un salaire inférieur, un avancement plus lent, un moins d’accès à des mandats importants et de haute visibilité et un moindre accès à des parrains hauts placés.

Le 7 juin dernier Catalyst a rendu public un rapport dans lequel 11 recommandations étaient formulées afin d’accélérer le progrès des femmes au sein des conseils d’administration au Canada. Parmi ces recommandations :

  • L’instauration de cibles par les émetteurs inscrits à la TSX, avant la fin 2017, visant une représentation de 30% de femmes au sein de leur conseil d’administration et l’atteinte de cette cible d’ici 3 à 5 ans.
  • L’utilisation d’au moins un mécanisme facilitant le renouvellement du conseil d’administration. D’ailleurs, une analyse historique des tendances menée par la Rotman School of Management démontre que la diversité homme-femme des conseils des émetteurs dont le conseil se renouvelle le plus et qui ont établi des limites quant à la durée des mandats et des politiques écrites est plus importante que chez les émetteurs qui n’ont pas pris ces mesures.
  • Établissement de politiques écrites en vue de l’augmentation de la représentation des femmes au sein des conseils d’administration.
  • Renforcement des cibles, mécanismes de renouvellement et des politiques écrites par les gouvernements. Les gouvernements sont encouragés à renforcer l’établissement de cibles, de mécanismes de renouvellement et de politiques écrites, à assurer le suivi des progrès et à le diffuser, et à établir un objectif minimal de 40 % de femmes au sein de ses propres organismes, conseils d’administration, commissions et sociétés de la Couronne. Le rapport recommande également que des approches législatives ou réglementaires plus contraignantes soient considérées, si les progrès ne se réalisent pas, particulièrement à l’égard de la cible de 30 %. Rappelons que le gouvernement du Québec a instauré en 2006 une cible de 50% de femmes au sein des CA des sociétés d’État. Le gouvernement de l’Ontario vient à son tour d’annoncer une cible de 40% pour les organismes d’État.

L’économie canadienne se trouve à une importante croisée des chemins avec une population vieillissante, un taux de fertilité en baisse et une population active réduite.  Nous devons mettre tous nos talents à contribution pour promouvoir l’innovation, la productivité et la croissance économique. La diversité est aussi essentielle à la fois pour améliorer le rendement financier à long terme et pour promouvoir l’égalité des chances.

Pour consulter l’ensemble des recommandations de Catalyst : http://www.catalyst.org/knowledge/la-diversite-des-sexes-au-sein-des-conseils-dadministration-au-canada-recommandations

 

À propos de l’auteure

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Sherazad Adib est Directrice chez Catalyst Inc. Elle a 15 ans d’expériences dans diverses organisations telles que RONA, le Cirque du Soleil et Bell Canada dans le domaine de la responsabilité d’entreprise. Elle est aussi co-fondatrice du Groupe investissement responsable (GIR).

 


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