Avons-nous atteint le point critique en ce qui concerne le bien-être des animaux de ferme?

Avons-nous atteint le point critique en ce qui concerne le bien-être des animaux de ferme?

Par Rory Sullivan et Darren Vanstone

Seize grands investisseurs institutionnels soutiennent un programme mondial d’engagement collaboratif sur le bien-être des animaux de ferme. Cela démontre que le bien-être des animaux est maintenant reconnu comme étant une question d’investissement grand public.

Le Business Benchmark on Farm Animal Welfare est le premier indice de référence mondiale de performance d’une entreprise sur le bien-être des animaux. Son objectif est d’améliorer les pratiques, les processus, la performance et la reddition de compte en ce qui a trait au bien-être des animaux de ferme des plus grandes entreprises alimentaires du monde.

Lancé en février 2015, le third annual Benchmark report évalue 80 entreprises alimentaires mondiales — dans les sous-secteurs de l’industrie alimentaire de la distribution et de la vente en gros, des restaurants et des bars et de la production alimentaire — sur leurs politiques, gouvernance, processus de gestion et reddition de compte à l’égard du bien-être des animaux de ferme. Le rapport souligne qu’un nombre croissant de ces entreprises a maintenant intégré le bien-être des animaux à leurs pratiques et processus de gestion — dont dix ont des systèmes et processus de gestion bien développés — et a clairement démontré un intérêt pour les mesures de performance du bien-être des animaux de ferme. Toutefois, le rapport a également noté que 40 des 80 entreprises — incluant Burger King, Costco Wholesale, Domino Pizza, Mars Inc, Quick et Starbucks — ont fourni peu de preuves qu’elles reconnaissent le bien-être des animaux comme un enjeu d’affaires.

À la suite du lancement du rapport, le secrétariat de l’indice de référence a lancé un programme d’engagement collaboratif visant à encourager les entreprises à adopter des politiques sérieuses sur le bien-être des animaux, à renforcer leurs systèmes et processus de gestion et à faire un rapport de ​​leurs pratiques et performances. Les investisseurs institutionnels participants écrivent aux entreprises dont le classement est faible et subséquemment collaborent avec celles-ci pour les inciter à améliorer leurs politiques, pratiques et reddition de compte sur le bien-être des animaux. De plus, ces investisseurs font l’éloge des entreprises haut placées pour leur performance sur l’indice de référence sur le bien-être des animaux.

Jusqu’à maintenant, seize investisseurs institutionnels du Canada, des États-Unis, du Royaume-Uni, des Pays-Bas, de la France et de l’Australie (voir la liste complète ci-dessous) se sont joints au programme d’engagement collaboratif. Bien qu’il soit trop tôt pour évaluer le succès de cette collaboration, un certain nombre d’entreprises alimentaires ont déjà amélioré leurs redditions de compte sur le bien-être des animaux de ferme, alors que d’autres ont indiqué qu’elles ont l’intention de le faire au cours de la prochaine année. Nous sommes persuadés que la pression exercée par les investisseurs, ainsi que plus largement associée aux pressions sociales pour que les entreprises adoptent des normes plus élevées de bien-être des animaux contribuera à la longue à des améliorations importantes sur la façon dont les entreprises alimentaires gèrent le bien-être des animaux.

Cette collaboration démontre que les investisseurs reconnaissent maintenant le bien-être des animaux comme étant un enjeu d’investissement important. Nos discussions avec des investisseurs institutionnels indiquent qu’il y a une prise de conscience croissante des risques et opportunités liés au bien-être des animaux de ferme, et de l’importance de le prendre en compte dans la recherche d’investissement et dans la prise de décision relative au secteur alimentaire. Ces investisseurs reconnaissent également l’importante contribution qu’ils peuvent apporter à l’atténuation de ces risques à l’aide de leur influence pour encourager les entreprises à gérer efficacement les questions liées au bien-être des animaux.

Enfin, la mesure a elle-même joué un rôle important en nous permettant d’atteindre ce stade. Si nous reculons cinq ans en arrière, soit avant le lancement de l’indice de référence en 2012, les principaux obstacles à l’action des investisseurs sur le bien-être des animaux de ferme étaient probablement l’absence d’une compréhension claire de ce à quoi les investisseurs devaient s’attendre des entreprises ou d’outils permettant aux investisseurs d’identifier les entreprises ayant une forte performance de celles ayant une faible performance, leur offrant une base solide sur laquelle collaborer avec les entreprises. L’indice de référence répond à ce problème en offrant un cadre clair d’attentes pour les entreprises et, par l’intermédiaire du processus annuel d’étalonnage, permettant le suivi du progrès des entreprises.

Par ailleurs, le fait qu’il soit répété chaque année signifie que l’indice de référence permet de clairement faire le suivi de l’efficacité des engagements.

Pour en savoir plus sur les stratégies d’engagement, rendez-vous ici.

 

 

Dr Rory SRory_Sullivanullivan est consultant expert de l’indice de référence sur le bien-être des animaux. Il est un expert internationalement reconnu sur l’investissement responsable et, est l’auteur de Valuing Corporate Responsibility: How Do Investors Really use Corporate Responsibility Information? (Greenleaf Publishing, 2011).

Darren Vanstone est directeur à l’engagement corporatif pour le World Animal Protection Canada, où il aide les organisations à aborder les questions liées au bien-être des animaux dans leurs chaînes d’approvisionnement. Il possède une vaste expérience dans les secteurs du détail, de l’épicerie et de la restauration. Pour plus d’informations, communiquez directement avec lui au darrenvanstone@worldanimalprotection.ca ou visitez le www.worldanimalprotection.ca

L’indice de référence sur le bien-être des animaux a été développé avec le soutien et l’expertise des grands organismes de protection des animaux de ferme, Compassion in World Farming et World Animal Protection, avec un financement supplémentaire de Coller Capital et la Fondation Esmée Fairbairn.

Les participants à la collaboration des investisseurs sont les suivants: ACTIAM, Australian Ethical Investment, Aviva Investors, BNP Paribas Investment Partners, the Central Finance Board of the Methodist Church, Coller Capital, EdenTree Investment Management, Epworth Investment Management, NEI Investments, Nelson Capital Management, Rathbone Greenbank Investments, Royal London Asset Management, Schroders, Trillium Asset Management, Triodos Bank et Walden Asset Management.


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