Développement durable : les entreprises n’ont pas la confiance des Québécois!  – quel rôle pour l’investissement responsable?

Développement durable : les entreprises n’ont pas la confiance des Québécois! – quel rôle pour l’investissement responsable?

Les chiffres du Baromètre 2014 de la consommation responsable1, diffusé le 26 novembre, sur le niveau de confiance des Québécois envers les différents acteurs du développement durable ont de quoi nous alarmer ! En effet, ils démontrent qu’en 5 ans le scepticisme s’est fortement accru. En 2010, déjà à peine 33,8 % avaient confiance envers l’engagement des entreprises en matière de développement durable, ils ne sont plus que 14,9 % en 2014, soit une chute de 18,9 points. Même constat en ce qui concerne le niveau de confiance envers les publicités environnementales des entreprises sur leur produit ou service : de 30,7 % en 2010 à 16,4 % en 2014 (- 14,3 points).

Cette méfiance se traduit notamment dans un frein relativement important à la consommation responsable que les chercheurs appellent l’utilisation commerciale de l’argument responsable. Ainsi, 40,8 % des répondants mentionnent que les certifications ne sont qu’une autre ruse de marketing afin de justifier des prix plus élevés; et 40,3% que les allégations éthiques des produits sont seulement des arguments des marques pour augmenter leurs profits !

Certes, le scepticisme s’avère beaucoup plus élevé chez les consommateurs moins responsables dans leurs pratiques de consommation. Le Baromètre 2014 soulève qu’aujourd’hui les consommateurs responsables représentent tout de même 15,2 % de la population au Québec (Indice de consommation responsable de 80,7 alors que la moyenne globale est de 65,1), ce qui est très encourageant. Il ne s’agit plus d’un marché de niche et certaines pratiques comme le recyclage, l’achat de produits locaux (en particulier alimentaires) et de sacs d’épicerie réutilisables sont répandues dans l’ensemble de la population.

Pour autant, le lien entre cette montée du scepticisme envers l’engagement en matière de développement durable des entreprises et certains freins perçus envers l’investissement responsable (IR) est notable. En février 2014, une étude de l’Observatoire ESG UQAM de la consommation responsable sur l’investissement responsable2, soulevait, en effet, que pour 36,8 %, les entreprises (et les institutions financières) n’apportent pas assez de preuves sur leurs comportements… Pire, ils sont plus d’un tiers a mentionné que les entreprises composant un fonds d’IR n’ont pas fait l’objet d’une sélection rigoureuse en fonction de critères socialement responsables. Cela se traduit par le fait que 28,3 % n’ont pas confiance envers les filtres utilisés pour sélectionner les entreprises composant les fonds d’IR.

Même les compagnies considérées comme « leaders » en termes de développement durable ont encore beaucoup de travail à faire avant de pouvoir prétendre à l’adoption d’une gestion qui soit véritablement « durable ».

Comment alors guider les particuliers souhaitant agir de manière responsable et avoir un réel impact? Comment faire évoluer les entreprises en matière de développement durable?

Une récente étude internationale3, menée auprès de 300 dirigeants de grandes entreprises, révèle que les demandes des clients sont la première motivation des entreprises à s’intéresser au développement durable (65,8 %). Quant à elle, la demande des investisseurs responsables est un facteur décisif pour 59,3 % des entreprises sondées. Finalement, les demandes des agences de notations sociales s’avèrent également influentes pour 61,5 % des compagnies. Cependant, il faut prendre en considération que pour ces mêmes dirigeants, ce ne sont pas toutes les stratégies d’IR qui les motivent réellement à l’action en termes de développement durable. En effet, les stratégies d’engagement et les stratégies de « meilleur du secteur » auraient plus d’influence sur leurs pratiques de gestion, comparativement aux stratégies d’exclusion (puisque les compagnies ne sont pas directement conscientes d’avoir été exclues).

(Pour plus d’information sur les avantages et inconvénients de chacune des stratégies IR, vous pouvez consulter la section Stratégies de la plateforme ethiquette.ca).

En IR comme en consommation responsable, l’influence d’une stratégie dépendra du nombre d’adhérents ! Et les changements sont rarement rapides. En fait, l’IR n’est pas sans défis comme levier du développement durable des entreprises, mais c’est un outil avec un potentiel non négligeable !

Agir maintenant http://www.ethiquette.ca/agir/

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1  Baromètre 2014 de la consommation responsable, Observatoire ESG UQAM de la consommation responsable, http://consommationresponsable.ca/wp-content/uploads/2014/11/BCR_2014.pdf

2  Les Québécois et l’investissement socialement responsable : portrait 2014, Observatoire ESG UQAM de la consommation responsable, http://consommationresponsable.ca/wp-content/uploads/2014/02/Les_Québécois_et_lISR_portrait_2014-2.pdf

3 Oekom Research, 2013. Impact Study. http://www.oekom-research.com/homepage/english/oekom_Impact-Study_EN.pdf


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