Connaissez-vous l’empreinte chimique de votre portefeuille d’investissement ?

Connaissez-vous l’empreinte chimique de votre portefeuille d’investissement ?

Dans un monde où les régulations et les exigences du marché pour des produits chimiques plus sûrs sont à la hausse, comment les investisseurs peuvent-ils savoir quelles sont les entreprises les plus menacées par ces nouvelles tendances et quelles sont celles qui sont le mieux positionnées pour conquérir de nouveaux marchés ?

Comment les acheteurs institutionnels peuvent-ils reconnaître les fournisseurs qui prennent les mesures systématiques nécessaires pour identifier et réduire les substances chimiques préoccupantes dans les chaînes d’approvisionnement ? Et comment les entreprises peuvent-elles démontrer aux acheteurs et aux investisseurs leur leadership dans la gestion des produits chimiques quand il n’existe aucun indicateurs permettant d’évaluer leurs efforts ?

Le rapport du Projet Empreinte Chimique publié en Mai 2016 souligne les risques financiers auxquels les entreprises sont confrontées en raison de produits chimiques très préoccupants (CoHCs) pour la santé humaine et l’environnement dans les chaînes d’approvisionnement. Le Projet Empreinte chimique (CFP en anglais) a été lancé en 2014 avec le soutien d’investisseurs représentant plus de $2,300 milliards de dollars d’actifs sous gestion ainsi que d’acheteurs institutionnels avec plus de 70 milliards de dollars de pouvoir d’achat. Similairement à l’empreinte carbone, ce projet met en place des indicateurs clairs et cohérents pour aider les acheteurs à sélectionner leurs fournisseurs selon le contrôle de leur empreinte chimique. Ces indicateurs permettent également aux investisseurs d’intégrer les risques liés aux produits chimiques dans leurs analyses et leurs investissements en matière de durabilité.

Le nouveau rapport présente les principaux résultats de l’enquête faite en 2015, incluant une étude de la façon dont les entreprises gèrent les risques potentiels liés aux produits chimiques dangereux, et leurs possibilités de réduire ces risques.

Ces risques financiers comprennent «les trois R» : la Règlementation (coûts des règlementations actuelles et futures) ; la Réputation (coûts d’être exposé publiquement avec des produits chimiques dangereux dans les produits et les chaînes d’approvisionnement ) ; et la Reconception (coûts liés aux refus de reconcevoir ou reformuler les produits avant que la règlementation et les marchés changent, mesurés en chiffre d’affaires annuel).

L’an dernier, un groupe sélectionné de 24 petites et larges entreprises de pointe (dépassant des dizaines de milliards de chiffre d’affaires annuel, voire des millions pour les plus larges) a fait un pas en avant en participant au Projet Empreinte Chimique afin de recevoir une note sur leurs pratiques de contrôle des produits chimiques. Parmi les répondants, on y comptait des sociétés privées et publiques évoluant dans sept différents secteurs : biens de consommation durables et vêtements; biens domestiques et personnels ; matériel et services de soins de santé; biens d’équipement ; matériel et équipement technologique ; services aux consommateurs ; et produits alimentaires, boissons et tabac. Sur les 24 entreprises participantes , 22 ont accepté d’être nommées publiquement. Parmi les participants: Levi Strauss & Co., Seagate Technology , PLC, Johnson & Johnson, GOJO Industries, Becton Dickinson and Company, Beautycounter, California Baby, etc.

La participation à l’enquête reflète le leadership des entreprises dans le contrôle des produits chimiques et leur réceptivité aux possibilités d’amélioration. Les résultats du rapport sont fondés sur les réponses d’un sondage de 20 questions sur les performances liées à la gestion des produits chimiques dans quatre catégories: stratégie de gestion; inventaire chimique; mesure de l’empreinte; et sa divulgation et sa vérification.

Les résultats fournissent la première vision globale du paysage actuel de la gestion des produits chimiques dans un ensemble diversifié d’entreprises vendant des articles et des produits formulés, basée sur une série de questions et d’un score mis au point par un tiers indépendant. Les scores varient entre 12 et 89 points, avec un score moyen de 41 points (voir la figure ES- 1). Dans les quatre catégories de performance principales, les scores moyens étaient les plus élevés pour l’inventaire des produits chimiques et les plus faibles en matière de divulgation et de vérification. Le large éventail des scores reflète d’une part les nouvelles normes établies par le Projet Empreinte chimique et la diversité des programmes de gestion des produits chimiques des différentes entreprises, ainsi que la variété des entreprises participantes en termes de taille, de secteur et de stratégie d’entreprise.

Conclusions principales

  1. La haute direction fait la différence – 29% des entreprises avec de la surveillance au niveau du conseil d’administration ou de la haute direction font preuve d’une meilleure performance globale que les entreprises sans une telle responsabilité.
  1. Les entreprises ont besoin de politiques globales – Sans politiques qui traitent les risques chimiques dans la fabrication, les chaînes d’approvisionnement et le packaging – en plus des produits – les entreprises font face à des passifs cachés et à des risques chimiques.
  1. La divulgation est en retard – Parmi les catégories d’indicateurs – gestion, inventaire, empreinte et divulgation – les entreprises ne partagent publiquement qu’une petite liste de leurs normes de gestion des produits chimiques en place. Par exemple, 83% ont une liste de substances faisant l’objet de restrictions, mais seulement 17% de ces entreprises rendent cette liste publique.
  1. «Design for Health » avant-gardiste – La compagnie «Design for Health», dont toute la gamme de produits est basés sur la minimisation ou l’élimination des substances chimiques préoccupantes, a réalisé des performances bien au-delà de la moyenne du reste des entreprises..
  1. La mesure de l’empreinte chimique est encore nouvelle et difficile – Avant qu’elles ne puissent réduire leur empreinte chimique, les entreprises ont besoin de connaître les ingrédients chimiques dans leurs produits et d’identifier les substances chimiques les plus préoccupantes. C’est pour cela qu’il ne faut pas être surpris si les entreprises ont obtenu des scores faibles dans la mesure de leur empreinte chimique.

Le rapport a permis de conclure que la réduction des risques chimiques est difficile et exige un excellent leadership en plus d’un investissement conséquent dans les systèmes de gestion des données. Par ailleurs, cela sollicite également une formation des employés et des fournisseurs, qui devront y voir une finalité. Bien que ces changements demandent énormément de ressources, ils augmenteront la confiance et la fidélité de la clientèle et ouvrent de nombreuses nouvelles opportunités commerciales, surtout pour les entreprises faisant de la vente directe.

Afin de lire le rapport complet et en apprendre plus sur le Rapport Empreinte Chimique, veuillez consulter le site www.chemicalfootprint.org.

 

Auteure : Sally Edwards, Lowell Center for sustainable Production (version originale anglaise)

Traduction : Aïda Hassar


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