Entrevue sur le Fonds Desjardins SociéTerre Environnement

Entrevue sur le Fonds Desjardins SociéTerre Environnement

Desjardins Gestion de patrimoine offre un ensemble de produits de placement avec une approche d’investissement responsable. Rosalie Vendette, conseillère principale en investissement responsable chez Desjardins, répond à nos questions.

 

Parmi les produits d’épargne offerts en investissement responsable, pouvez-vous nous parler du Fonds Desjardins SociéTerre Environnement?

Dans sa forme initiale, le Fonds Desjardins Environnement (FDE) a été créé en 1990. Cela fait du FDE le 1er fonds en IR au Québec et le 2e au Canada. Jusqu’en juin 2015, le FDE investissait dans des titres canadiens de grande capitalisation. En juin 2015, ce fonds est devenu le Fonds Desjardins SociéTerre Environnement (FDSE), dont le mandat est dorénavant mondial.

Quels sont les principaux changements au Fonds Desjardins SociéTerre Environnement (FDSE)?

Deux principaux changements ont été apportés au mandat du Fonds Desjardins SociéTerre Environnement (FDSE). Premièrement, le FDSE est passé d’un fonds d’actions canadiennes à un fonds d’actions mondiales, ce qui a eu pour effet de réduire l’exposition aux secteurs contentieux, comme le secteur énergétique et celui des matériaux. Deuxièmement, le processus de sélection des titres a changé. Il est passé d’une sélection à partir d’une liste d’entreprises considérées comme responsables sur le plan environnemental (par rapport à leur industrie) à une sélection basée sur des indicateurs de performance environnementale.

Comment est effectuée la sélection des titres?

La sélection des titres du FDSE est effectuée à partir d’un univers constitué d’environ 2 500 sociétés situées partout dans le monde. Le gestionnaire de portefeuille sélectionne alors les titres qui ont les indicateurs d’impacts environnementaux les plus faibles, tout en conservant une diversification régionale et sectorielle.

Quels sont ces indicateurs? Pouvez-vous nous en dire plus?

Pour évaluer la performance environnementale des activités des sociétés, le gestionnaire a recours à l’expertise d’un fournisseur externe de données environnementales, Trucost. Trucost a conçu une méthodologie qui permet de quantifier les impacts environnementaux des activités des sociétés en leur attribuant une valeur monétaire. Elle évalue les coûts d’utilisation des ressources (énergie, eau, territoire) et la production de différents rejets (GES, pollution de l’air, pollution de l’eau, déchets et autres résidus ou rejets). La sélection des titres repose donc sur les indicateurs de performance environnementale suivants :

  1. les émissions de gaz à effet de serre
  2. la consommation d’eau
  3. l’utilisation des terres et des écosystèmes
  4. la production de déchets et de polluants

Les impacts environnementaux sont alors traduits en coûts financiers pour l’entreprise. Le gestionnaire de portefeuille base ensuite sa sélection sur, entre autres, ces coûts financiers pour construire un portefeuille dont le coût environnemental est faible. Au-delà de l’identification et de la quantification de ces impacts, Trucost détermine la valeur monétaire de cette dépendance au capital naturel afin de nous aider à comprendre et à intégrer le risque environnemental en termes financiers.

 

Pouvez-vous nous donner des chiffres qui prouvent la réduction des impacts environnementaux?

L’un des objectifs du Fonds est d’investir dans des sociétés qui émettent moins de gaz à effet de serre (GES). Ainsi, nous avons comparé les émissions générées par le Fonds et par l’indice de référence du Fonds.  Pour y arriver, nous avons utilisé une donnée qui nous permet de les comparer.  Nous le faisons en calculant les émissions de GES pour un volume d’affaires d’1 M$ US.  Pour générer un chiffre d’affaires de 1 M$ US, les sociétés qui composent le Fonds émettent l’équivalent de 54,6 tonnes de CO2, alors que l’intensité des émissions de GES directes et indirectes[1] des sociétés qui composent l’indice de référence du Fonds est de l’ordre de 285,4. Le Fonds affiche donc une réduction de 81 % de ses émissions de GES.

Voici un exemple qui illustre bien comment des sociétés peuvent se distinguer, notamment sur le plan des changements climatiques : l’une des sociétés du secteur des services publics, Enel Green Power, s’est fixé l’objectif ambitieux d’arriver à la carboneutralité (zéro émission) d’ici 2050. Déjà, actuellement, 47 % de l’énergie qu’elle produit provient de sources qui n’émettent pas de CO2.

Quels sont les secteurs qui font l’objet d’une exclusion dans l’approche IR (c.-à-d. FDSE, Portefeuilles SociéTerre et, par extension, les Fonds Éthiques)?

Chez Desjardins, à l’exception des secteurs de l’armement, du tabac et du nucléaire, tous les produits de placement utilisant une approche d’IR investissent dans des actions et des obligations de sociétés œuvrant dans tous les secteurs d’activité économique, sans restriction, y compris celui de l’énergie.

Certains secteurs d’activités, particulièrement ceux incluant l’industrie lourde et l’exploitation des richesses naturelles, peuvent présenter un risque environnemental accru par rapport à d’autres secteurs. Il est donc important d’y promouvoir la protection de l’environnement, surtout lorsqu’on sait que les entreprises qui ont de bonnes pratiques ont un double impact positif, d’abord sur l’environnement, mais aussi, car elles contribuent à faire évoluer les normes et les pratiques de l’ensemble de leur secteur.

Comment justifier des placements dans des sociétés polluantes qui ont un impact négatif sur l’environnement?

Nous pensons que les produits de placement utilisant une approche d’investissement responsable se positionnent avantageusement pour influencer les pratiques des sociétés. D’abord, notre mécanisme de sélection permet de distinguer les meilleurs acteurs sur le plan environnemental. Ensuite, une fois les entreprises détenues en portefeuille, l’actionnariat engagé vient compléter notre approche en utilisant diverses techniques pour influencer les entreprises sélectionnées et les encourager à s’améliorer sur le plan environnemental, notamment en ce qui concerne les changements climatiques. Je pense par exemple au dialogue.

Quels dialogues le FDSE mènera-t-il?

En 2016, Desjardins Gestion de patrimoine va communiquer avec 42 sociétés du FDSE pour les inciter à divulguer davantage de données environnementales. Nous savons que la divulgation n’est pas optimale chez ces sociétés et avons décidé de les sensibiliser afin qu’elles comprennent mieux nos besoins. Nous pensons qu’en retour, la qualité des informations environnementales en sera améliorée.

Pour en savoir plus sur ces produits, quelles sont les options disponibles pour nos lecteurs?

D’abord, les lecteurs peuvent consulter le site Web des Fonds Desjardins. Ils peuvent également se procurer les Portefeuilles SociéTerre auprès des caisses Desjardins du Québec et de l’Ontario. Ceux qui habitent ailleurs au Canada ou qui ne sont pas membres de Desjardins peuvent communiquer avec nous au 1 866 666-1280. Les lecteurs d’Éthiquette peuvent également consulter un conseiller en finances personnelles affilié à DSFI (partout au Canada sauf au Québec) ou au réseau State Farm, en Ontario.

 

Les Fonds Desjardins ne sont pas garantis, leur valeur fluctue fréquemment et leur rendement passé n’est pas indicatif de leur rendement futur. Les taux de rendement indiqués sont les taux de rendement total annuel composé historiques en date du présent document qui tiennent compte des fluctuations de la valeur des titres et du réinvestissement de tous les montants distribués mais non des commissions d’achat et de rachat, des frais de placement, des frais optionnels ou de l’impôt sur le revenu payables par le porteur, lesquels auraient réduit le rendement. Un placement dans un organisme de placement collectif peut donner lieu à des frais de courtage, des commissions de suivi, des frais de gestion et d’autres frais. Veuillez lire le prospectus avant d’investir. Les Fonds Desjardins sont offerts par des courtiers inscrits dont Desjardins Cabinet de services financiers inc., un courtier en épargne collective appartenant au Mouvement Desjardins, qui distribue les Fonds dans les caisses du Québec et de l’Ontario ainsi qu’au Centre financier Desjardins.

[1] de premier niveau, traduction libre de « first tier ».


Comments

  1. Pour voir les noms des 150 titres des portefeuilles, allez voir les états financiers du 30 septembre 2015 :

    page 7 et plus, http://fondsdesjardins.com/information/00009_efa_fr.pdf

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>