« L’Investissement Responsable, véritable moteur de changement! »

Chaque investisseur a le pouvoir de choisir à quelles fins sera utilisée son argent, c’est-à-dire le capacité de défendre ses convictions et d’amener les entreprises à en faire tout autant. Progressivement, de plus en plus d’acteurs sont séduits par l’IR, par la force des choses, un nombre grandissant d’entreprises adopte des pratiques plus cohérentes avec les valeurs de responsabilité sociale et environnementale propres au XXIème siècle. Depuis ses débuts, l’IR a connu plusieurs grands succès, mais beaucoup de chemin reste à faire, les impacts liés à l’IR devant être perçus, en effet, comme un processus orienté vers le moyen et le long terme.

Voici quelques-uns des plus grands succès attribués à l’IR. Notons, toutefois, que les impacts de l’IR se retrouvent à divers endroits sur le site d’Ethiquette, notamment dans la section sur l’histoire de l’IR et parmi les exemples portant sur les stratégies IR. De plus, le blog Ethiquette offre également une couverture continue des impacts sociaux et environnementaux de l’IR touchant l’actualité.

SUCCÈS ENVIRONNEMENTAUX

Les enjeux concernant les changements climatiques et la pollution atmosphérique attirent de plus en plus l’attention des investisseurs. En partie grâce aux pressions des actionnaires, les changements climatiques constituent l’enjeu ayant suscité le plus de transparence de la part des entreprises (GIR, Corporate Issues 2013, p. 14). Aux États-Unis, au cours des dernières années, plusieurs dizaines de propositions d’actionnaires à cet effet ont été retirées, souvent après que les compagnies ciblées se soient engagées à adopter de meilleures pratiques. En 2011, la firme de consultation David Gardiner et associés a mené un suivi auprès de ces entreprises, démontrant que plus de 75 % des propositions retirées furent complètement ou considérablement implantées par ces dernières, résultant dans certains cas en des améliorations environnementales concrètes (USSIF).

– 2002 –

La pression des actionnaires et autres groupes environnementaux a permis de persuader la compagnie Home Depot, le plus grand détaillant spécialisé en rénovation domiciliaire au Canada, de supprimer graduellement la vente de produits dont les composantes proviennent de forêts en péril. Sept ans plus tard, Home Depot vendait plus de bois certifié par le Forest Stewardship Council (FSC) qu’aucune autre en Amérique du nord (USSIF).

– 2005 –

Après un long processus de dialogue avec plusieurs investisseurs responsables, JPMorgan Chase a finalement adopté une politique environnementale, laquelle aborde notamment les questions de réchauffement climatique, l’exploitation forestière illégale et les droits des peuples indigènes, en plus d’engager leur tout premier Directeur des Affaires environnementales (USSIF).

– 2010 –

Après plusieurs années de dialogue, U.S.-based Newground social Investment a retiré sa proposition d’actionnaire envers la compagnie de vêtements et d’accessoires décoratifs TJX, après que cette dernière ait accepté de produire un rapport de développement durable, d’y divulguer les risques climatiques et de mettre sur pied une équipe spécialement conçue pour améliorer la performance de l’entreprise en termes de développement durable (USSIF).

– 2010 –

Le fonds de retraite de l’État de New York a décidé de retirer sa résolution d’actionnaire auprès de Range Ressources et Hess après que les compagnies aient accepté de divulguer les produits chimiques utilisés pour leur processus de fracturation hydraulique (USSIF).

– 2011 –

À la suite de résolutions d’actionnaires, les entreprises Southwestern Energy et Anadarko ont accepté d’améliorer la qualité de l’information rendue accessible au public sur son site internet (USSIF).

– 2013 –

Le dialogue engagé par Walden Asset Management auprès de Stryker Corporation a amené l’entreprise à procéder à l’évaluation de ses aménagements et à établir des cibles de contrôle d’émissions, tout en s’engageant auprès du Carbon Disclosure Project (CDP) (USSIF).

SUCCÈS SOCIAUX

– Années 1990 –

Nike et Gap (deux des plus importantes compagnies de vêtements aux États-Unis) firent l’objet de nombreuses critiques concernant les conditions de travail difficiles dans les usines de leurs fournisseurs. À la suite d’une pression exercée par les investisseurs, les compagnies ont toutes deux acceptées d’accroître leur supervision des pratiques utilisées par leurs fournisseurs et d’en faire rapport (USSIF).

SUCCÈS POLITIQUES

Les succès politiques, s’ils ne représentent pas des impacts ultimes des stratégies d’IR, sont pourtant absolument essentiels à l’atteinte de résultats sur le plan environnemental et social. Ainsi, les politiques gouvernementales agissent comme de puissants outils permettant de contraindre les entreprises à adopter des pratiques plus respectueuses de l’environnement et des sociétés dans lesquelles elles sont impliquées.

– 2012 –

En réponse aux préoccupations soulevées par des investisseurs responsables ainsi que divers groupes pour les droits humains, le congrès américain a légiféré à propos de l’achat de minerais provenant de zones contrôlées par les rebelles en République démocratique du Congo, un pays dévasté par la guerre civile et les conflits armés depuis 1997. Considéré comme l’une des principales sources de revenu de ces groupes, l’achat de minerais est désormais qualifié de « conflict minerals » (minéraux de conflits). Ces derniers sont utilisés dans la fabrication de tin, de tantale et de tungstène, des matières que l’on retrouve dans divers produits de consommation modernes, tels que les téléphones et ordinateurs portables.

Depuis 2012, en vertu de l’Acte Dodd-Frank, la U.S. Securities and Exchange Commission (SEC) demande ainsi aux compagnies de divulguer les renseignements quant à leur utilisation de minerais. Elles doivent notamment préciser quels minerais sont nécessaires à la fabrication de leurs produits et quels procédés sont utilisés afin de prévenir l’utilisation de « minéraux de conflits » dans leur chaîne de production. L’achat de ces minéraux n’est pas illégal, mais les compagnies sont tenues d’entreprendre des études indépendantes et d’en publier les résultats, de telle sorte que les consommateurs et investisseurs puissent adapter leurs choix en connaissance de cause.