Impacts et défis Les principaux défis

Accroître la conscience et l’intérêt du public pour les enjeux liés à l’IR

L’IR a déjà eu des effets considérables sur les pratiques de nombreuses organisations (ex. Home Depot, JP Morgan Chase, Nike, McDonald) et continuera à en avoir dans les années à venir. Plus les citoyens seront préoccupés par leur environnement et leur avenir, plus ils seront sensibilisés au rôle majeur que peut jouer l’IR dans l’amélioration de leur qualité de vie et celle des générations futures. En conséquence, ils cautionneront de moins en moins des pratiques allant à l’encontre de leurs valeurs et principes. Ainsi, les impacts de l’IR seront plus nombreux.

Proposer des solutions adéquates et réalistes.

Lorsque l’on souhaite créer un changement et bouleverser l’ordre actuel des choses, l’une des premières étapes consiste à prendre conscience des freins existants. Malheureusement, trop de citoyens négligent cette étape de réflexion, pourtant fondamentale, et cherchent à obtenir des résultats immédiats, la plupart du temps à leur grande déception. De la même manière qu’on ne peut forcer quelqu’un à arrêter de fumer du jour au lendemain, on ne peut non plus amener les organisations à modifier rapidement leurs pratiques « traditionnelles ». Le monde des affaires et celui de la finance s’avèrent complexes. Afin de produire un changement durable, l’IR doit nécessairement être fondé sur une approche tenant compte de ces limites et proposer des solutions et actions adéquates et réalistes. Cela dit, il ne faut pas pour autant reléguer nos idéaux aux oubliettes, car ce sont eux, bien souvent, qui nous forcent à poursuivre nos démarches dans les moments les plus difficiles.

Surmonter l’incompréhension.

Lorsqu’ils choisissent l’IR, bon nombre d’investisseurs ont l’impression qu’il s’agit d’une alternative « miracle » qui aurait non seulement des impacts concrets à court terme, mais pourrait systématiquement séparer les organisations « responsables » de celles « non responsables ». Ce tableau plutôt idyllique de l’IR a toutes les chances décevoir et même de frustrer les investisseurs, en particulier ceux qui ont des convictions sociales et environnementales profondes. Or, chaque investisseur a ses propres critères de sélection, croyances, valeurs et principes, et les options d’IR sont difficilement adaptées sur mesure. Plusieurs raisons peuvent justifier qu’un fonds d’IR, par exemple, comporte une ou plusieurs organisations controversées ou que l’on juge personnellement comme étant irresponsable. Pour éviter de se sentir trompé, la meilleure solution consiste à bien s’informer des possibilités et limites de l’IR et des choix qui s’offrent à nous. Le succès de l’IR ne dépend pas d’une solution miracle, mais plutôt d’un effort partagé entre l’investisseur et les divers acteurs du domaine.

Promouvoir et développer une vision à long terme.

L’IR est avant tout un processus sur le long terme. Les impacts environnementaux et sociaux concrets (ex. amélioration de la qualité de l’eau ou des conditions de travail) s’avèrent bien réels, mais prennent en général un certain temps à se percevoir. À court terme, les démarches initiées par les investisseurs ont d’ordinaire des impacts limités sur les pratiques des organisations controversées, qui ne font pas pour autant face à un tarissement des capitaux nécessaires à leur développement. Pendant la dernière crise financière, par exemple, Wal-Mart a connu une forte croissance de son indice boursier malgré que la compagnie ait été exclue par bon nombre d’investisseurs pour ses pratiques antisyndicales et discriminatoires (Novethic, 2012, p. 29). Cela dit, à moyen ou long terme, les différentes pressions exercées (ex. engagement actionnarial, opinion publique, règlementations gouvernementales) ont bel et bien des effets positifs sur les pratiques des organisations, soucieuses de leur image.

Profiter des succès en termes de transparence afin de maximiser les retombées sociales et environnementales.

Actuellement, les impacts les plus significatifs concernent la reddition de compte des entreprises. De plus en plus, les entreprises dévoilent des informations autrefois cachées du grand public et des autorités. À titre d’exemple, lorsque la Fondation Ethos décida d’exclure la société minière Glencore, l’impact médiatique qui suivi amena cette dernière à publier un premier rapport de développement durable et à rallier l’Initiative pour la transparence des industries extractives (Novethic, 2012, p. 29). Cette transparence est un premier pas absolument essentiel aux modifications des pratiques traditionnelles de ces entreprises. En effet, lorsque l’information est publique, les comportements répréhensibles ou socialement inacceptables risquent fort bien de disparaitre ou, du moins, de diminuer. À elle seule, une meilleure transparence n’est pourtant pas suffisante. Elle doit s’accompagner d’une prise de conscience commune et donner suite à des démarches concrètes visant à maximiser les retombées positives pour les sociétés et l’environnement dans lequel elles vivent.

Bref, celui ou celle qui opte pour l’IR ne devrait pas investir avec l’espoir de « changer le monde » dans les mois ou années qui suivent, mais plutôt s’attendre à ce que les démarches, initiatives et moyens nécessaires au changement soient bel et bien mis en œuvre. Les options d’IR disponibles en sont encore à leurs débuts et peuvent difficilement s’adapter parfaitement aux valeurs et principes de tous et chacun. Pour être certain que son choix d’IR corresponde bien à ses attentes, la solution consiste à s’informer régulièrement sur les compagnies dans lesquelles son argent est investi, ou encore des démarches entreprises par les gestionnaires de fonds, selon la stratégie utilisée.