L’investisseur responsable : un acteur clé de la transition vers l’économie verte

L’investisseur responsable : un acteur clé de la transition vers l’économie verte

Vous souhaitez contribuer à la transition vers l’économie verte ? Sachez que par vos décisions d’investissement, vous pouvez jouer un rôle de premier plan.

Par les choix qu’il prend en matière d’investissement, soit via un fonds ou par une gestion individuelle de ses placements, l’investisseur peut avoir un impact réel sur le virage vers une économie et une société plus durables. L’un des principaux enjeux à cet effet porte sur la réduction massive de notre dépendance aux énergies fossiles.

Pour contribuer à réduire cette dépendance, l’investisseur peut avoir recours à une ou plusieurs stratégies, qui ont chacune leurs forces et défis respectifs. Les quatre principales stratégies sont : 1) l’exclusion ou désinvestissement, 2) l’engagement actionnarial, 3) le meilleur du secteur (« Best in Class ») et 4) l’investissement d’impact.

L’exclusion ou désinvestissement

La stratégie d’exclusion ou de désinvestissement des énergies fossiles part essentiellement d’une prise de conscience des impacts néfastes de la consommation de carburants fossiles sur l’environnement et le climat.  Exclure de son portefeuille des compagnies œuvrant dans ce secteur devient à l’origine un moyen de lutter contre les changements climatiques et d’envoyer un signal fort aux compagnies, au marché financier et aux décideurs politiques (voir la position des Nations Unies). Parmi les grandes initiaves mondiales, notons le mouvement Fossil Free, la Coalition mondiale Divest-Invest et Keep it in the Ground, du journal The Guardian.

Au-delà de la préoccupation environnementale, la question des énergies fossiles est devenue un véritable enjeu de risques financiers. En effet, les investissements dans les énergies fossiles sont désormais considérés comme de plus en plus risqués (voir rapport HSBC), notamment en raison de l’éclatement potentiel de la « bulle carbone », qui fait craindre une importante perte de valeur aux titres détenus dans l’industrie fossile. Ainsi, désinvestir de ces compagnies apparait non seulement comme une décision morale, mais également rationnelle sur le plan financier.

Bulle carbone

Pour maintenir le réchauffement climatique sous le seuil de 2oC et respecter le budget carbone (niveau maximal d’émissions de GES) établi par le Groupe d’expert intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), le trois quart des réserves mondiales d’énergies fossiles doit demeurer dans le sol (EIA, 2012). À ce jour, pourtant, la valeur des titres des entreprises œuvrant dans ce secteur est fixée en fonction de leur capacité à extraire ces réserves. Ainsi, si les action de lutte aux changements climatiques continuent de s’intensifier et que les gouvernements légifèrent pour maintenir ces réserves dans le sol, alors tout porte à croire que les actions détenues dans ces entreprises seraient vulnérables à une dévaluation (éclatement de la « bulle carbone »).

Si elle envoie un message clair, la stratégie d’exclusion et de désinvestissement dans le secteur des énergies fossiles comporte néanmoins d’importants défis et les retombées recherchées – notamment sur le prix des actions – ne sont pas toujours tangibles. De plus, en excluant une compagnie de son portefeuille, l’investisseur perd ainsi son pouvoir d’influence sur celle-ci.

L’engagement

La stratégie d’engagement est considérée comme un moyen d’influencer le comportement des entreprises par le biais de l’actionnariat : dialogue, droit de soumission de proposition aux actionnaires, droit de vote. L’engagement implique également l’intervention auprès des pouvoirs publics.

Cette stratégie offre l’opportunité d’inciter les entreprises contenues dans son portefeuille à divulguer les informations sensibles, permettant ainsi à l’investisseur de mesurer et intégrer le risque carbone dans ses placements. L’engagement permet également d’amener ces entreprises à améliorer leurs objectifs et politiques non seulement en matière des changements climatiques (transparence, gestion des risques, cibles de réduction GES, etc.), mais également sur un bon nombre d’enjeux connexes (ex. environnementaux, sociaux et de gouvernance).

Tout comme l’exclusion ou le désinvestissement, l’engagement comporte également ses propres défis. Cette stratégie peut notamment s’avérer compromettante pour les investisseurs particuliers détenant des titres de compagnies œuvrant dans des secteurs controversés. Notons également que même avec des pressions soutenues, il est très difficile de changer la nature des activités d’une entreprise, surtout comme la plupart d’entre elles répond à des exigences de performance et de rentabilité à court terme.

Investissement à impact et « Best in class »

Ces deux stratégies peuvent également permettre à l’investisseur de contribuer de façon importante à la transition vers une économie verte et durable.

Nous vous présenterons les avantages et défis de ces stratégies dans notre prochain article. D’ici-là, nous vous invitons à consulter notre site web, où vous trouverez toute l’information pertinente.


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