Stratégies Meilleur du secteur (Best-in-class)

Conformément à la théorie selon laquelle plusieurs investisseurs tiennent à détenir un portefeuille de placements diversifié dans plusieurs secteurs, une stratégie meilleur du secteur (ou best-in-class) consiste à trouver les entreprises qui affichent la meilleure performance sur le plan du respect de différents critères sociaux, environnementaux ou de gouvernance dans tous les secteurs, y compris ceux où celles ne semblent pas démontrer un comportement très respectueux de l’environnement ou socialement responsable. Pour déterminer quelles sociétés affichent la meilleure performance, les investisseurs doivent mener des recherches et des analyses sur les entreprises. Certains investisseurs mènent ces recherches eux-mêmes, mais la plupart d’entre eux se procurent des recherches conformes aux critères sociaux, environnementaux ou de gouvernance auprès de fournisseurs de services de spécialité et n’investissent ensuite que dans les entreprises qui affichent un rendement financier élevé. Afin de prendre des décisions de placement éclairées, certains fonds et conseillers font appel aux services de recherche offerts par des entreprises telles Sustanalytics ou MSCI ESG Research.

Exemples

Le Fonds actions canadiennes Jantzi RBC privilégie une approche exemplaire et voici comment il explique sa stratégie d’investissement. Le 31 mai 2014, le portefeuille de ce fonds comprenait principalement des actions des dix entreprises suivantes, soit Banque Royale du Canada, Banque Toronto-Dominion, Banque de Nouvelle-Écosse, Suncor Énergie inc., Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada, Canadian Natural Resources Ltd., Banque de Montréal, Financière Manuvie, CIBC et Cenovus Energy Inc.

Même si elles œuvrent dans le secteur des sables bitumineux, Cenovus et Suncor se qualifient comme des sociétés exemplaires dans les secteurs de l’énergie et des utilités. Ces entreprises affichent un meilleur rendement que d’autres sociétés dans leur secteur sur le plan des émissions de gaz à effet de serre et autres polluants atmosphériques qui contribuent au changement climatique, aux pluies acides et au smog urbain. Ces entreprises ont aussi été évaluées comme étant supérieures à leurs homologues sur les plans des problèmes de santé et de sécurité, de la corruption et des relations communautaires.

Pour consulter un des rapports d’industrie publiés par Sustainalytics qui présente les pratiques exemplaires relativement à différents problèmes sociaux et environnementaux clés dans le secteur des services publics, et qui dresse une liste des chefs de file mondiaux dans cette industrie.

Pour obtenir une liste des entreprises considérées par Sustainalytics comme étant les cinquante meilleures sociétés canadiennes relativement aux problèmes environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) en 2014, consultez le site Sustainalytics.com

RBC

 

Points forts et points faibles

Points forts

  • La logique est à la fois simple et solide : « Il faut investir dans les meilleures entreprises et éviter les autres ».
  • Cette stratégie contribue au changement, car les entreprises sont tenues plus responsables de leurs activités qui touchent l’environnement et les volets sociaux, et incitées davantage à produire des rapports de durabilité en vue d’être ajoutées aux indices sociaux (ou du moins de ne pas en être exclues parce qu’elles tardent à innover dans ce domaine).
  • Cette stratégie peut susciter la compétitivité naturelle des entreprises.
  • Cette même stratégie est appuyée par l’établissement de nombreux modèles et agences de classement indépendants.

Points faibles

  • Le titre meilleur du secteur (ou best-in-class) peut être perçu comme étant quelque peu trompeur. Pour certaines industries, un qualificatif du type « la moins pire » pourrait être plus approprié (bien qu’une telle désignation ne soit pas nécessairement une source d’inspiration ou de motivation pour les entreprises).
  • Cette seule stratégie ne permet pas à un portefeuille de se démarquer véritablement d’un portefeuille d’investissement traditionnel.
  • Les investisseurs responsables qui ne saisissent pas complètement cette stratégie se sentent souvent déçus ou trompés en constatant que leur portefeuille comprend des actions d’entreprises œuvrant dans des secteurs controversés tels les sables bitumineux ou le gaz de schiste.
  • Cette stratégie ne contribue qu’indirectement au changement.